Edition de livres audio en mp3

Sixtrid Editions

Où trouver les livres audio
des Editions Sixtrid ?
Les points de vente

Posté par La Livrophile
Pour moi, ce roman se divise en deux parties, la seconde commençant au début du journal de Clothilde. Dans la première partie, l’auteur fait quelque chose que j’aime beaucoup: elle raconte des faits graves en les enrobant de drôlerie. Par exemple, elle montre les préoccupations d’une certaine couche de la société à travers les réactions de Sarah et Sophie. Sarah est bien gentille, mais quelque peu superficielle. Par exemple, elle rend grâce au ciel parce que ses enfants sont beaux (ou du moins normaux selon les critères de la société). Comment la blâmer? Elle souhaite que ses enfants entrent dans le moule, afin qu’ils ne souffrent pas. Elle est superficielle, mais lucide. Ce qui est amusant, c’est la manière dont elle remercie la providence, les réflexions qu’elle se fait, etc. D’un autre côté, Sophie semble être le modèle de ce qu’attend l’artificielle société dans laquelle nous vivons. Extérieurement, elle est parfaite au point de ne jamais transpirer lors de séances de sport. Toutes les exagérations décrites la concernant (la plus impressionnante et la plus parlante étant sûrement la liste de ses amants) auraient dû m’agacer, mais l’auteur a fait en sorte que cela en devienne comique, et qu’en plus, on éprouve davantage de compassion que d’exaspération, car au final, Sophie est à plaindre. Elle est tellement dans son monde que lorsque Thérèse lui demande d’«arranger» Clothilde afin que celle-ci cesse d’être (extérieurement) un vilain petit canard, sa réaction (qui fera rire le lecteur) est de se désoler et de se lamenter quant au travail que cela nécessite.

 

Nous rencontrons également Claudie, qui a un langage imagé et une repartie à toute épreuve! À l’instar de Clothilde, je me suis attachée à ce loufoque personnage. Là encore, sous la légèreté, se devine très vite la solitude de la jeune femme, son peu d’assurance, son côté fragile.

 

La vie des habitants de l’immeuble est décrite avec justesse, enjouement teinté de gravité. C’est très bien fait. Et c’est là que nous passons à la deuxième partie. Le rire laisse totalement la place à la gravité. C’est un peu perturbant. Néanmoins, le moment de surprise passé, on retrouve la finesse de Marie-Laure Hubert Nasser dans l’analyse des événements et des personnages. Plus j’avançais dans cette partie, plus je pensais que même si je préférais le rire, il est parfois des choses qu’’on ne peut exprimer qu’en étant grave. Cette partie nous fait davantage ressentir les souffrances passées de l’héroïne, tout en montrant tout le positif qu’elle a pu tirer de sa situation. Par exemple, elle est devenue une dévoreuse de livres. Donc, même si j’ai été un peu déroutée par le changement de ton, j’ai continué de prendre beaucoup de plaisir à ma lecture.

 

Et puis, l'auteur fait quelque chose que je n'imaginais pas dans un tel roman. Au départ, cela ne m'a pas plu, mais j'ai pensé que c'était une manière de montrer la vie, la vraie, avec ses bonheurs à saisir, ses imprévus, ses aléas, ses coups contre lesquels on ne peut rien. Pourquoi un roman qui commence comme «La carapace de la tortue» devrait-il avoir une fin prédéfinie? Et qui, à part l'auteur, aurait le droit de décider que cela doit avoir tel genre de fin? Parfois, se détourner des codes n'est pas la chose à faire, mais ici, c'est crédible. Donc, même si j'ai été surprise (et quelque peu déçue) que certains codes ne soient pas respectés, j'ai aimé que, justement, la romancière décide de ne pas se conformer à quelque chose d'attendu. J'aurais certes préféré qu'elle le fasse autrement, mais ce «revirement» (si on peut dire) avertit le lecteur que dans la vie, il ne faut jamais rien prendre pour acquis.

 

Un beau récit, juste, abouti, percutant.

 

 

Remarque annexe:
Beaucoup de romans français se déroulent à Paris. Celui-ci se passe à Bordeaux. Cela m'a plu parce que ça change un peu, mais aussi parce qu'étant bordelaise, j'ai reconnu des endroits où je me rends souvent comme la place Pey Berland et bien d'autres.

 

 

 

Cette version audio a été enregistrée par Marie-Christine Letort.

 

Quelle joie pour moi d'entendre à nouveau cette comédienne que je n'ai pas entendue depuis longtemps, et dont j'apprécie beaucoup le jeu! J'ai encore (entre autres) dans les oreilles son interprétation magistrale de «La douleur du dollar», de Zoé Valdès. «La carapace de la tortue» étant assez différent des romans habituellement lus par Marie-Christine Letort, j'avais un peu peur qu'elle n'y entre pas totalement. Mes craintes ont très vite été dissipées. La lectrice prouve son talent en retranscrivant à merveille l'ambiance et le caractère des personnages. N'en faisant jamais trop, aussi bien à l'aise dans le rire que dans les moments graves, elle joue, comme elle l'a toujours fait, avec subtilité et à propos.

 

Nos livres
audio

 

Par genre
Les auteurs
Les interprètes
Par titre


Points
de vue

Posté par Critique Presse
"Cette nouvelle enquête s'impose, sans aucun doute, comme un des volets les pl...

Posté par Critique Presse
"Germania restitue à la perfection les derniers mois d'une Allemagne prête à s...

Posté par Critique Presse
"Un agréable thriller, bien construit, soutenu par un personnage principal nou...

> Voir tous les points de vue

 

Newsletter
       
Newsletter